Écriture, calligraphie, lettrage ou typographie ?
Je fais partie des personnes qui aime encore écrire (de la carte de vacances à la jolie lettre d’amitié ou d’amour). Je suis de celles qui prennent plaisir à choisir un papier (lisse, fin, à fort grammage, texturé…) autant qu’un crayon. LE crayon, celui dont la mine caressera le support tout en légèreté ou celle qui viendra s’exprimer par des « skritch-skritch » en s’accrochant aux fibres…
Cette interêt, associée à mon métier de maquettiste-graphiste, m’amène naturellement à être sensible aux créations de lettres et à l’art de la mise en page de texte. Je nourris mes yeux des typos, enseignes, compositions que l’on retrouve partout dans notre environnement.
Je vous emmène dans ce monde de lettres ?
• L’écriture :
Emploi un nombre réduit de traits réalisés avec un instrument quelconque (note griffonnée à la hâte).
Elle privilégie la rapidité d’exécution bien plus que la qualité du résultat. Imaginez si vous deviez rédiger votre liste de course avec de belles lettres bien dessinées !
Avec la généralisation de la correspondance numérique, cette notion de vitesse n’est plus tout à fait vraie mais l’écriture reste un moyen de communication efficace et employée au quotidien.
• La calligraphie :
L’art de « bien écrire ». Les outils utilisés sont nombreux . Le principe de la calligraphie est d’écrire, de façon artisanale et unique selon un style propre au calligraphe selon des règles et techniques établies. On cherche alors l’esthétisme bien plus que l’efficacité. On pense souvent à la calligraphie chinoise, mais elle est historiquement présente dans toutes les civilisations (latine, arabe, celtique…)
• Le lettrage :
Signes construits individuellement à partir de traits (lettres dessinées d’un graffiti, mots d’amour gravé sur un tronc d’arbre…).
Une création de lettrage n’existe qu’en un seul exemplaire, conçu pour un cadre spécifique. Même un professionnel ne peut répéter très exactement les mêmes formes d’une réalisation à une autre. Le lettrage se distingue de l’écriture dans le fait qu’il privilégie la qualité technique et visuelle. Il autorise les designers à s’adapter de façon flexible, particulière et originale : les lettres peuvent être étroitisées, tordues, imbriquées… Cela implique une grande variété de techniques et de matériaux. On retrouvera également le terme anglophone « handlettering ».
• La typographie :
Utilise des formes préfabriquées. Les signes sont toujours identiques à eux-mêmes et sont obtenus par la répétition d’une même action (frappe d’un clavier, impression d’un tampon en relief…). La typographie associe le sens du détail et le caractère formel du lettrage avec la rapidité et l’aisance de l’écriture, mais elle s’en différencie par la possibilité de créer et de reproduire, en un seul geste, des signes préexistants. Les techniques de reproduction ont varié et évolué tout au long des siècles : caractères en métal ou bois, lettre-transfert, machine à écrire, tampons de caoutchouc, pochoirs, fontes digitales…
Grâce aux technologies numériques, la typographie s’est emparée de certaines fonctions jusqu’ici assuré par l’écriture (lettre, prise de notes, comptabilité…). Les graphistes emploient des fontes qui produisent des résultats similaires à une écriture manuelle. Un des regrettables effets collatéraux de la prolifération typographique est donc la perte de personnalité et d’individualité que permettent l’écriture et le lettrage. Même si la production de polices techniquement plus sophistiquées offre de nouvelles perspectives.

Pour aller plus loin :
• Les typographies :
Il existe des banques de fontes (cela fera le sujet d’un autre article). Là aussi, certaines sont gratuites et libres de droit, d’autres non. J’attire également votre attention sur le fait que certaines typographies ne permettent pas les accents, les majuscules, les gras ou les italiques, ni même les lettres ligaturées (œ,ff…). Attention, donc, avant de faire une « téléchargite aiguë » ! 😉
• Le lettrage :
Si le sujet vous intéresse, google, Instagram, youtube regorgent de créations et de créateurs qui mettent en ligne des tutos. La France reste encore timide par rapports aux américains et c’est un milieu principalement de droitiers et de femmes… Je suis donc ravie d’apporter ma « left french touch »… 😉